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Le Raid Nomad Berbère 2016
cessèrent de sonner. Par chance, l’un des véhicules
en perdition était équipé d’un treuil qui se révéla bien
utile pour sécuriser et sortir les 4x4 de la boue épaisse
qui recouvrait la piste. Face au danger, Carlos et
Bernard, nos deux organisateurs, optèrent alors pour
la prudence. Demi-tour et les 4x4 encore en bas de la
montée menant aux greniers suspendus empruntèrent
une nouvelle piste pour contourner l’obstacle. Nous
retrouvâmes le reste du groupe à la nuit tombée et,
ensuite, nous nous mimes en quête d’un gîte pour
passer la nuit au sec.
Cap sur les contreforts de
l’Atlas
Le lendemain matin, surprise au réveil. Les cieux se
montrèrent plus cléments avec nous. La pluie avait
cessé. Mais, au loin, l’orage menaçait toujours, le ciel
était encore très chargé. Seul avantage, le contraste
était irréel, les couleurs saturées sur un fond de
ciel encombré, les paysages se révélaient de toutes
beautés avec cet éclairage atypique qui changeait
toutes les minutes. De leur côté, Carlos et Bernard se
creusaient la tête car il leur fallait trouver un plan B,
un itinéraire bis moins dangereux en cas de retour de
la pluie. Finalement, ils optèrent pour les contreforts
de l’Atlas, direction le barrage El Mansour Eddahbi, non
loin de Ouarzazate. Nous y arrivâmes de nuit, sous un
ciel étoilé à couper le souffle. Le lendemain, quartier
libre pour tous ! Certains partirent découvrir la ville de
Boumalne-Dadès avant de prendre la route qui ondulait
jusqu’à M’semrir. Ce parcours nous fit traverser de
petites oasis verdoyantes où l’on découvrit ces vieilles
kasbahs renommées du sud marocain. Nous nous
arrêtâmes aussi dans l’un des sites les plus courus
de la région : les falaises de Tamlalt, aussi appelées
doigts de singes de par leurs formidables sculptures
naturelles. C’est non loin du canyon et de l’oued que
nous primes finalement nos quartiers.
Au milieu de nulle part
En ce nouveau jour de raid, c’est sous un soleil car au fil de notre progression, nous découvrîmes
radieux que nous prîmes la piste du djebel saghro. les célèbres kasbahs de N’Kob, impressionnantes
Cette chaîne montagneuse bordant la vallée de Dadès de beauté et de contraste. Ce n’est qu’en fin de
au nord et la Vallée du Drâa au sud nous offrit un journée que nous retrouvâmes trace de la civilisation
spectacle saisissant, formé de décors très variés. à l’approche de Zagora. Certains prirent aussitôt la
Aux grands espaces lunaires et arides, s’y mêlent direction du garage « chez Aziz » pour soigner les
des aiguilles volcaniques de basalte qui se dressent petits bobos de nos montures mécaniques, avant de
fièrement comme des flèches fendant le ciel. Pour tous, reprendre la direction du désert tout proche où nous
ce fut un réel émerveillement. Au cours de la matinée, devions bivouaquer. Un campement grand luxe car,
nous croisâmes aussi quelques nomades de la tribu pour l’occasion, nous eûmes droit à des cuisses de
des Ait Atta qui y faisaient paître leurs troupeaux canard confites mitonnées par nos deux cuisinières du
de chèvres et de moutons en attendant l’hiver et la jour, Nathalie et Marie. Il nous fallait bien cela car, le
prochaine transhumance vers le Haut Atlas... Au fil lendemain, Carlos et Bernard nous avaient concocté
de la journée, la piste que nous empruntâmes se une étape d’orientation dans le désert
révéla rude et cassante. Mais, cela en valait la peine
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