Lors du dernier Chambon-sur-Jeep, au volant de sa Wrangler YJ blanche et noire, Louis Cassou a terminé sur la troisième marche de la catégorie « + de 33 pouces » du Rouden Rock Challenge. Une belle performance en soi, mais qui prend une saveur toute particulière pour ce Jeeper haut-pyrénéen. En effet, à l’inverse de ses adversaires, sa Wrangler n’a pas, mais pas du tout été préparée en vue d’une utilisation trialisante. Bien au contraire !
Adaptée à sa région
Pour comprendre pourquoi, il est impératif de resituer géographiquement Louis Cassou. En effet, ce charpentier métallique habite un petit village près de Sarrancolin, à une cinquantaine de kilomètres de Tarbes, en plein cœur du département des Hautes-Pyrénées. À première vue, il serait donc normal de penser que sa Jeep a été optimisée en vue d’une utilisation axée « rochers » puisqu’il vit au pied d’une immense chaîne montagneuse. Eh bien non ! Précisément à cause des sommets proches, cette partie de la région Midi-Pyrénées est soumise à de régulières et importantes précipitations tout au long de l’année. Ce serait sans conséquence si, à la moindre averse, le sol argileux de ce coin de France ne se transformait pas en patinoire innommable. Même à pied, vous avez du mal à tenir debout ! Dans ces conditions, la plus petite dénivellation se métamorphose en véritable montée infernale. Et que dire des sous-bois perpétuellement humides qui regorgent de bourbiers longs de plusieurs dizaines de mètres ? Seul moyen de passer : faire parler les Watts. Désormais, vous comprenez mieux pourquoi la Wrangler de Louis Cassou diffère totalement des Jeep préparées « rockcrawling », non ? En fait, elle est faite pour « envoyer du lourd », pas pour rouler au pas au milieu des rochers.
Une base saine
Besoin d’une preuve supplémentaire ? Il suffit de soulever le capot. En lieu et place du petit 2,5 litres essence de 123 chevaux, cette Wrangler de 1989 est désormais, propulsée par un 3 litres PRV. Un bloc V6 essence turbocompressé d’origine française et qui développe près de 270 chevaux. Plutôt inhabituelle comme motorisation, non ? Cependant, ce greffon n’est qu’une des nombreuses modifications subies par cette Jeep. Pour appréhender les autres, un retour dans le passé s’impose. Nous revoilà, donc, début 2007. Louis Cassou venait d’acheter une vieille YJ 2,5 litres pour 3000 euros. Or, celle-ci représentait la base idéale pour une préparation car, hormis quelques escapades sur chemins, son ancien propriétaire n’a jamais fait de véritable TT. Résultat, cette Jeep était encore 100% stock.
Véritable avion de chasse
De ce fait, aussitôt les papiers à son nom, notre homme la rentrera dans son garage et la dépouillera entièrement. Il ne gardera que la caisse en place sur le châssis. Ensuite, sachant déjà qu’il ne remonterait pas le 4-cylindres essence, il déposera tous les supports moteur. En parallèle, notre Jeeper se mettra en chasse d’un nouveau bloc. Par chance, à la même époque, Mac Préparation avait assemblé un PRV 3 litres pour un buggy. Mais, le projet était tombé à l’eau. Ce V6 turbocompressé, réalisé sur un bas moteur de Citroen XM disposant de pistons à tête fraisée et coiffé d’une culasse retravaillée de Renault 25 turbo, était donc à vendre. Or, il développait un peu plus de 270 chevaux pour un couple proche de 40 m.kg à 3600 tr/min. Exactement ce que recherchait notre haut-pyrénéen pour son...



































