Page 72 - Offroad Magazine n°6
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Rallye Aïcha des Gazelles 2016

participantes à la catégorie « expertes » semblaient un
peu stressées. Normal puisqu’à l’inverse des autres,
ce prologue comptait déjà pour leur classement.
Pas question donc pour elles de s’écarter de trop de
l’itinéraire idéal pour aller « taper » les quatre balises du
jour. Résultat de cette approche différente du prologue,
les gazelles tracèrent leur route sur les pistes du plateau
granitique autour de Merzouga de manière complètement
différente. Certaines, peut être par excès de zèle ou par
peur de se tromper, s’arrêtant sans arrêt pour faire le
point sur leur cap, d’autres surement plus sereines dans
leur calcul et leurs capacités partant à l’aventure sans
se retourner. Et ce qui devait arriver arriva. Certains
teams firent de belles erreurs de navigation. Même des
concurrentes de la catégorie « expertes » qui comptent
plusieurs participations à leur actif !

Immersion progressive

Au premier véritable jour de course, les gazelles se
réveillèrent aux aurores, tirées de leur sommeil par de
violentes bourrasques de vent. Le ciel était tellement
voilé que toutes craignirent la tempête de sable. Il n’y
a pas pire sur une épreuve de navigation car la visibilité
réduite complique énormément la prise de cap. Par
chance, à quelques minutes du départ, Dame Nature
se calma et toutes les navigatrices poussèrent alors un
grand soupir de soulagement. Malheureusement, si les
concurrentes échappèrent à la tempête de sable, les
ennuis rattrapèrent vite certains équipages. Ici, une
crevaison. Là, un tankage sur une herbe à chameaux.
Ces incidents de course furent l’occasion de voir mis en
pratique pour la première fois les principes d’entraide
et de camaraderie prônés par Dominique Serra lors du
briefing matinal. Malgré cela, en dehors de ces quelques
aléas, la majorité des teams en lisse passèrent une
journée plutôt calme. Et c’est avec le sentiment du
devoir accompli qu’elles allèrent chercher la dernière
balise du jour à côté du village « Cœur de Gazelles »,
à Tisserdimine. L’opportunité pour nos courageuses
de découvrir un peu mieux l’action menée par cette
association au contact avec la population des villages
traversés. Au deuxième jour du rallye, certaines gazelles
durent maudire Dominique Serra à leur réveil. Tout
simplement car la directrice de Maienga les tira de leur
sac de couchage à 4 heures du matin. Dur, dur le réveil !
Le temps de préparer l’étape du jour sur carte et les
concurrentes, certaines encore un peu ensommeillées,
prirent le départ de la spéciale direction leur premier
cordon de dunes, histoire de s’essayer à la conduite dans
le sable. Mais, le reste de la journée, elles sont allées
s’amuser dans un décor tout autre, dans les reliefs du
« J’bel de boua » avec ses longues étendues de graviers,
ses champs de cailloux, puis ses monticules d’herbes
à chameaux et d’acacias. Si certains équipages s’en
sortiront plutôt bien, d’autres auront du mal à trouver
les passes qui leur permettaient d’aller valider les CP et

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